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"Certes, les termes "utérus", "vagin" ou "ovaires" s'associaient d'eux-mêmes, dans mon esprit sens dessus dessous, à des termes de plats cuisinés pour sauvages, guère plus ragoûtants que des plats composés de viandes douteuses baignant dans une béchamel grumeleuse."

(Daniel Depland, Mes putains sacrées)

 

"Et en dessous c'est encore plus chaud. Comme de la béchamel tiède. C'est vraiment très chaud, tu sais. Et devine dans quelle position je suis en ce moment ?"

(Haruki Murakami, L'oiseau à ressort et les femmes du mardi)

 

"Que penseriez-vous d'un livre à quatrième de couverture-miroir ? Pas n'importe quel livre, naturellement. Un livre dont vous seriez le héros, ô lecteur, frère jumeau !"

(Michel Ohl, Aux sources de la mer dans Poe, éditions Shéol et Eden, 2017)

 

"Ensuite, un maton de la relève fit sortir la dizaine de détenus dans le couloir... Il nous invita à faire nos besoins... Pour ma part, je m'abstins bien de lui signaler qu'une crampe de ventre aiguë en pleine nuit m'avait forcé à déféquer non loin des bouteilles en plastique. J'avais tout de même pris soin de recouvrir mon étron d'un emballage de boulangerie trouvé là, lequel avait fini par prendre la forme de la chose, au contact de la chaleur et de l'humidité."

(Ben Arès, Je brûle encore, éditions Dodo vole, 2017)

 

"I believe that writing is like masturbation : it's supposed to be done in private."

(Crad Kilodney)

 

"Je sais ce que c’est qu’un poète, car j’en suis un moi-même, j’ai l’estampille. Un poète, soit dit en deux mots, est un gaillard absolument inutilisable dans tous les ordres d’activité des gens sérieux ; il ne pense qu’à des futilités, non seulement il ne sert pas l’Etat, mais il nourrit des pensées rebelles, il n’a même pas besoin d’être particulièrement intelligent, il lui arrive au contraire d’avoir un esprit aussi lent et aussi obtus que le mien l’a toujours été, par ailleurs un enfant au fond, enclin à tous les dérèglements, un charlatan dont il faut se méfier à tous égards, et qui ne devrait attendre de la société – à vrai dire, il n’en attend rien d’autre – qu’un silence méprisant. Pourtant, c’est un fait que la société permet à ce genre d’individus de vivre dans son sein, d’y obtenir de la considération, d’y acquérir le maximum de bien-être. Je ne dois pas m’en plaindre, j’en profite. Mais ce n’est pas dans l’ordre. C’est de nature à encourager le vice, et c’est un scandale pour les gens vertueux."

(Thomas Mann)

 

"Le poète s’occupe du mal. C’est son rôle de voir la beauté qui s’y trouve, de l’en extraire (ou d’y mettre celle qu’il désire, par orgueil ?) et de l’utiliser. L’erreur intéresse le poète, puisque l’erreur seule enseigne la vérité. Je répète ici que le poète est asocial (apparemment), il chante les erreurs, il les enchante ensuite afin qu’elles servent – ou la soient – la beauté du lendemain. La définition habituelle du mal me fait croire qu’il n’est que le résidu de Dieu. La poésie ou l’art d’utiliser les restes. D’utiliser la merde et de vous la faire bouffer. Par mal, j’entends ici le péché contre les lois sociales ou religieuses (de la religion d’Etat) alors que le mal n’existe réellement que dans le fait de donner la mort, ou d’empêcher la vie. N’essayez pas de prendre appui sur cette définition rapide pour condamner les meurtres. Tuer c’est souvent donner la vie. Tuer peut être bien. On le reconnaît à l’exaltation joyeuse du meurtrier. C’est la joie du sauvage qui tue pour sa tribu."

(Jean Genêt)

 

"On n'est pas fou quand on trouve un système qui vous sauve."

(Alessandro Baricco, Novecento : pianiste)

 

"à l'heure des snipers j'écris un roman de commande j'y plonge ce qui m'entoure la femme venue de la pierre et du ciel le jeune chat aux seins en pelote de laine que d'anciens condisciples m'envient la femme aux épaules crues qui m'observe rompant les mots dans mon appartement plutôt que de siroter mon chômage en terrasse un oeil ébahi devant l'immigration réussie le sombre faciès sous une casquette un uniforme fluorescent deux balais-brosses grâce auxquels la municipalité dans le noir douteux a réussi à retrouver le vrai nègre d'autrefois le nègre de mon grand-père la race qui nous mangera le rire dont il ne reste que les dents à briser"

(...)

"que l'écriture pour m'éteindre murer les abstractions larver les agrégats de lecture écouler l'urine diabète l'écriture pour asphyxier ma Peur raccrocher la pierre à mon cou le suicide décent des petits enfants chapardeurs d'anthracites l'écriture pour me torpiller célébrer ma malemort l'identité de commande d'un écrivain du régiment"

(David Besschops, Besschop(s))

 

 

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